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Our philosophy

Why organizing seminaries in the Westfjords?

What are the purposes of those seminaries?

How to attain our aims?

Why?
What are the needs?
What is anthropocene?
Why?

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Sensations de soi dans les fjords d'Islande

 

Par jour de mauvais temps, de blizzard, tu peux aller te plonger dans les eaux chaudes d’un bain brûlant, le visage fouetté par la bise et les flocons.

Une chose est sûre, tu es vivant. Dans ces terres mornes et désolées, où la vie a tant de mal à pousser, tu es vivant. Tu le sens dans chacun de tes pores, ouverts à l’eau chaude, claqués par l’eau glacée.

 

Quand le vent se calme, les éléments s’apaisent, place au repos, à la contemplation, au vide de mouvement, au vide de son. Apaisement général, tu replonges en toi. Seul un reflet, une image projetée de ton être éclaire ce tableau désolé.

Qui es-tu, là, perdu, seul ? Que veux-tu au fond de toi ? Quelle image vois-tu se dessiner sur le miroir d’un fjord à la mer d’huile ? Malhabile, tu écoutes l’écho de tes pensées et de tes envies renvoyé par les parois d’un fjord arqué et qui vient doucement tinter ou résonner à la surface brillante d’une eau salée éclairée par des rayons rasants.

Si tu sais écouter, observer, toucher, goûter, sentir, peut-être percevras-tu un petit toi émerger, mal assuré, mais fidèle à tes entrailles, à ce qui vit au plus profond de toi.

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Peut-être plongeras-tu alors dans les eaux glacées de ce fjords pour sentir hurler en toi ce moi profond, trop souvent ignoré, encapsulé. Pour te libérer des gangues lentement mais savamment tissées autour de ce corps de chair et d’os ; par des années de vie, par des siècles de culture, par des formes, des formats, des schémas inculqués par les parents, les pairs, les enseignants…

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Immersions en nature

Perdre tout repère pour mieux se (re)connecter à son corps, à la Terre et ses éléments

 

Pourquoi ?

Comment ?

 

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« En fait, la crise écologique renvoie à une crise plus générale du social, du politique et de l’existentiel. Ce qui se trouve mis en cause ici, c’est une sorte de révolution des mentalités afin qu’elles cessent de cautionner un certain type de développement, un productivisme ayant perdu toute finalité humaine. Alors, lancinante, la question revient : comment modifier les mentalités, comment réinventer des pratiques sociales qui redonneraient à l’humanité – si elle l’a jamais eu – le sens des responsabilités non seulement à l’égard de sa propre survie, mais également de l’avenir de toute vie sur cette planète, celle des espèces animales et végétales comme celle des espèces incorporelles, si je puis dire, telles que la musique, les arts, le cinéma, le rapport au temps, l’amour et la compassion pour autrui, le sentiment de fusion au sein du cosmos ? » Guattari (dans Qu’est-ce que l’écosophie ?)

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Entrée dans l’ère de l’Anthropocène et défis à venir

 

Bruno Latour souleva une question essentielle lors d’une conférence à l’Institut Français de Londres : “What to do when told, day after day, and in increasingly strident ways, that our present civilizations is doomed; that the Earth itself has been so tempered with that there is no way it will ever come back to any of the various steady states of the past?” (Latour, 2011)*.

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Ainsi sommes-nous entrés dans l’ère de l’Anthropocène, une époque où les conséquences des actions humaines sont commensurables avec celles des forces géologiques. Désormais, les forces de l’humanité et de la Terre sont entremêlées (Gren & Huijbens, 2014).

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« Paradoxalement », alors que l’homme se mesure aux forces géologiques, il se sent particulièrement démuni face aux crises écologiques. D’après Latour (2011), ce sentiment est lié à la déconnexion totale entre l’ampleur et la nature des phénomènes et la nature de nos émotions et de nos modes de pensées.

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Nous sommes dépassés par les crises environnementales. Les objets hybrides, sortant des desseins de leurs producteurs, prolifèrent ; Nature et Culture s’entrecroisent. Les ruptures introduites par la « constitution moderne » (Latour, 1991) semblent ne plus tenir. Science, politique, économie, droit, religion, technique s’entremêlent alors même que la modernité avait pris soin de bien isoler chacun de ces domaines.

Toujours d’après Latour, l’une des voies pour réduire la déconnexion entre l’ampleur des problèmes auxquels nous faisons face et notre entendement limité est de cartographier les controverses, notamment par le biais des informations – traces – numériques ; les Big Data. Dans cette perspective, un grand projet s’intitulant « Politiques de la Terre à l’épreuve de l’Anthropocène – Territoires, Données, Méthodes » a été lancé en 2014. Ce programme vise à apporter un regard sur la complexité des phénomènes actuels par le prisme d’une approche « à grande échelle ».

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Nous pensons qu’une entrée complémentaire, par les interactions fines, intimes, entre les Hommes et la Terre est nécessaire pour saisir la complexité des phénomènes actuels. L’Homme étant d’autant plus démuni face à la crise que ses émotions sont déconnectées des phénomènes le dépassant, comprendre comment ces émotions pourraient retrouver un lien étroit avec la Terre et les crises auxquelles elle fait face nous paraît nécessaire. Dans cette perspective, Heyd propose une hypothèse de travail : “in order to attain appropriate long-term ways of coping with a world of increasingly disastrous natural environmental changes, we need to develop cultural matrices which integrate non-human nature and human beings in community” (Heyd, 2007, p.11)**. Selon lui, “this will require concerted efforts by individuals throughout our societies to develop new practices and ways of relating to the natural environment.” (Heyd, 2007, p.49)***.

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Pour moi, l’Islande est une terre qui concentre de nombreux caractères pouvant favoriser le développement de telles matrices culturelles.

En effet, la géologie des lieux, la puissance des éléments qui s’y expriment, les écosystèmes qui s’y déploient, offrent d’infinies possibilités de découvertes et d’étonnement qui sont autant d’opportunités pour développer de nouvelles formes de relations à notre environnement.

La culture islandaise en elle-même peut d’ailleurs être porteuse de voies dans cette perspective. Cela s’inscrit dans la langue islandaise elle-même. En islandais, le monde, l’univers et le cosmos sont une forme de « maison ». En effet, la racine est commune pour les mots maison, monde, univers, cosmos : heima, heimur, alheimur

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Le monde, le cosmos, se trouvent bien être notre « maison ». « Maison » ; ce terme ne saurait recouvrir la signification de « heima » en islandais ou « home » en anglais, termes dont le sens est bien plus profond que celui que nous lui attribuons en France. D’ailleurs, un ami islandais me confiai un jour que l’on avait un grave problème avec la langue française. Nous n’avons pas de mot pour désigner son « chez soi » profond, pas la maison comme bâtiment mais le lieu auquel on « appartient » si l’on peut dire. « Home » en anglais, « heima » en islandais. « Heima » qui constitue donc la racine du monde et de l’univers, du cosmos, en langue islandaise.

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La construction des mots « philosophie » et « philosophe » donne aussi matière à réflexion de ce point de vue. « Heim•speki » et « heim•spekingur », littéralement « sagesse du monde » et « homme sage du monde ».

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La racine grecque, étymologique de notre « philo•sophie » semble plutôt centrée sur l’homme en lui-même et sur son amour de la sagesse. En islandais, la sagesse se rapporte au monde avant d’impliquer l’homme qui la porte.

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How to attain our purposes?
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Drafnargata 17

425 Flateyri

Westfjords - Iceland

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Sími : +354 6207 219 or + 33 686 061 997

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lisa.haye@orange.fr

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